Belles pages

30/04/01
Douillettement installée tout au fond de mon nid
Je ne voulais pas sortir de sous ma couette tiède,
Tant ces instants qui précèdent le lever me semblent
Investis de ce que j'aime dans l'absolu : l'intemporalité
Sais-tu que le premier à pousser gaiement ses trilles
Alors que le jour n'est pas encore levé, est le merle
C'est ensuite aux couples de tourterelles de roucouler
Enfin, les verdiers, mésanges et autres passereaux
Se mêlent au concert et commencent à vocaliser
A mon unique intention il est plaisant de le croire
Lorsqu'enfin, le jour venu, j'ai ouvert mes volets
C'étaient grandes merveilles qui dehors m'attendaient
Tout d'abord le timide soleil printanier m'a offert
Sa douce chaleur me caressant et m'enveloppant
De longues minutes à en profiter les yeux fermés
Et puis la tentation est trop forte, mon petit coin de
Nature s'est mis en frais d'un si merveilleux tableau
Qu'il serait bien dommage de ne pas s'y plonger
Les ombres portées des quelques arbres du jardin
S'étiraient si loin qu'elles auraient pu me toucher
Et mon soleil mon doux soleil qui jouait à travers
Les branches à peine garnies de minuscules feuilles
D'un vert si tendre et délicat que l'on ne regrette pas
Les milliers de fleurs immaculées qui les ont devancées.
Et comment exprimer la multitude de fragrances offerte
A mon seul plaisir par la pature fraîchement tondue
Les "mauvaises" herbes du potager les feuilles des cyprès
Les écorces de mes chers arbres j'oubliais la végétation
Naissante des groseilliers et des framboisiers au parfum
Apre intense et néanmoins subtile. Là je me suis sentie
Exister et portée par un bonheur que je ne pouvais
Enfermer égoïstement dans mon seul souvenir.

Toinette